Comment est-ce possible ?

L’évaluation de la richesse produite dans notre pays montre qu’elle est égale en moyenne à 4318 euros par mois et par travailleur.

Le SMIC « superbrut », c’est-à-dire avec l’ensemble de ses cotisations sociales (salariales et patronales) est égal à 2332 euros, c’est-à-dire 54% (2332 / 4318) de cette richesse moyenne produite mensuellement par chaque poste de travail. En gros, la moyenne de ce que les travailleurs de notre pays produisent chaque mois est donc presque le double d’un SMIC superbrut.

Dans certaines entreprises, la richesse moyenne produite par poste de travail est très nettement supérieure à 4318 euros alors que dans d’autres, on peine à en atteindre la moitié. En effet, certains secteurs de notre économie sont nettement plus « rémunérateurs » que d’autres et cela, sans rapport nécessaire avec leur utilité écologique et sociale, ni avec la pénibilité du travail qu’on y effectue.

Si 54% de la richesse totale produite dans le pays sont prélevés et redistribués à hauteur de 2332 euros par poste de travail, les entreprises sont toutes assurées de pouvoir verser, sans aucun risque, au moins le SMIC avec toutes ses cotisations sociales pour chacun de leurs postes de travail.

Les plus riches d’entre elles auront bien sûr versé plus par poste de travail qu’elles n’en auront reçu mais les 46% qui leur resteront leur permettront de rémunérer leurs salariés largement au-dessus du SMIC. Quant aux entreprises moins « riches », elles seront assurées de pouvoir verser un SMIC pour chaque temps plein et n’hésiteront plus à créer des postes de travail plutôt que de recourir à des contrats précaires, de se limiter à effectuer de la sous-traitance subie, ou pire, de se laisser tenter par l’embauche de travailleurs non déclarés.

A titre d’exemple, si dans une entreprise, la richesse moyenne générée mensuellement est de 8000 euros, ce qui est supérieur à la moyenne, elle sera prélevée de 4320 euros (8000 x 54%). Il lui restera donc 3680€ (8000 – 4320) mais comme elle touchera, comme les autres entreprises, les 2331 euros du SMS, elle aura donc à sa disposition 6011 euros (3680 + 2331) pour rémunérer en moyenne chaque travailleur et éventuellement, les propriétaires ou actionnaires.

Dans une entreprise où les postes de travail ne généreraient que 1000 euros, elle se verra prélevée elle aussi de 54 % de ces 1000 euros, mais comme elle touchera la somme de 2332 euros, elle aura alors à sa disposition 2791 euros (2331 + 0,46 x 1000) pour payer chacun de ses travailleurs.