Est-ce que la Sécurité économique permet le maintien des salaires obtenus antérieurement ?

Ce n’est pas l’objet de la Sécurité économique : un de ses objectifs est de garantir à toutes et à tous un emploi qui sera au moins payé au salaire minimum. Selon le niveau de l’allocation, le plus petit salaire pourra être supérieur au Smic alors qu’il est la règle pour 13 % des salariés actuellement[1]« Les Smic va augmenter de 15 euros par mois au 1er janvier », Les Échos, 16 décembre 2020, p.4..

Si l’objet de la Sécurité économique n’est pas de garantir des salaires antérieurement obtenus, rien n’interdit de lui adjoindre un dispositif qui assurerait une certaine continuité du contrat de travail en cas de rupture de celui-ci. Avec la Sécurité économique, ceci est d’autant plus facile que l’allocation couvre d’office une partie de l’ancien salaire.

On peut considérer que les allocations chômage sont déjà une préfiguration d’un tel système : elles permettent à un salarié sans emploi de recevoir des indemnités en rapport avec le salaire antérieur de façon à ce qu’il ait le temps de se retourner pour retrouver un emploi avec pour objectif, au moins la même qualification et le même salaire.

Ceci se prolonge aujourd’hui avec les différentes propositions de sécurité sociale professionnelle qui apparaissent. Toute la question à débattre est la période durant laquelle ce niveau de salaire serait couvert et sur une indemnisation au cas où un salarié reprendrait un nouveau travail avec un salaire moindre.

Dans quelle mesure est-il légitime de faire supporter le maintien des revenus antérieurs supérieurs au Salaire minimum par l’ensemble de la société ? C’est un débat à avoir sur le pacte social que nous souhaitons établir entre nous.

References
1 « Les Smic va augmenter de 15 euros par mois au 1er janvier », Les Échos, 16 décembre 2020, p.4.