Et si nous ne financions que le salaire minimum net sans ses cotisations sociales ? Cela ne ferait-il pas moins de sommes à prélever ?

On peut certes penser que le niveau de prélèvement est important (54%) pour le niveau actuel du Smic. Il est vrai que si on ne réalisait ce financement que sur le seul Smic net de 1231 euros, ce prélèvement ne serait que de 28 % (1231/4308).

Ceci étant, cela ne serait qu’un tour de passe-passe purement cosmétique dans la mesure où les cotisations sociales sont constitutives du salaire : elles servent à payer du salaire différé ou continué ainsi que des services non marchands dont on bénéficie (comme la santé publique par exemple) qu’il faudrait bien payer de notre poche s’ils n’existaient pas.

On peut estimer que les cotisations salariales comme patronales représentent 89 % (2332/1231 – 1) du salaire net. S’il ne fallait payer les cotisations sociales que sur les seules fractions de revenu dépassant le Smic, alors les cotisations sociales ne seraient plus de 89 % mais de 193,5 % (89/0,46). Autrement dit, à chaque fois que les travailleurs sortent un revenu de l’entreprise au-delà du Smic, seul un tiers irait sur leurs comptes personnels.

Autant faire simple et réaffirmer que les cotisations font partie des revenus du travail et que les cotisations s’appliquent dès le premier euro.