Le SMS doit-il aussi s’appliquer dans le secteur public ?

L’embauche des salariés du secteur public est assurée par la décision politique collective et ne dépend pas d’un marché de consommateurs atomisés qui induit une certaine incertitude. En effet, il n’y a pas de validation marchande de ces emplois par des ventes réalisées postérieurement à la production puisque les services rendus sont généralement gratuits et le niveau des salaires est garanti par les budgets publics. Il n’y aurait donc pas lieu d’inclure l’État et les collectivités publiques dans le périmètre du SMS, ce qui a été fait sur ce site. Cependant, cette question reste ouverte.

Inclure l’État et les collectivités publiques dans le périmètre du SMS pourrait aider l’emploi public en faisant contribuer l’ensemble des entreprises, ce qui permettrait de ne pas faire de différence de traitement entre emploi public et emploi privé. Est-ce la société le souhaite ?

Pour que cela fonctionne, il faudrait aussi déterminer la richesse produite par le secteur étatique. Comment déterminer le Flux de trésorerie entrant du FTA dans ce secteur ? En considérant les seuls salaires versés (qui correspondent grosso modo à la valeur ajoutée de ce secteur) ? Ou en considérant que les impôts et cotisations sociales qui le financent constituent en quelque sorte les « ventes » (ce que les citoyennes et citoyens payent) de l’administration publique. Le second cas sera bien sûr plus favorable au secteur public sachant que nous sommes chroniquement en déficit public. Si on choisit cette deuxième option, on peut aussi se demander si cela ne va pas contrarier les politiques contracycliques : l’État pratique le déficit pour faire une relance, laquelle sera amoindrie par le SMS… Le premier cas (Ventes des FTA = salaires) n’aurait pas cet inconvénient et correspondrait plus à la réalité économique.

On pourrait aussi introduire un distinguo entre emplois de la fonction publique et emplois contractuels en incluant l’un et en excluant l’autre. Ceci revient à privilégier une forme d’emploi par rapport à une autre.

L’inclusion de l’État et des collectivités publiques financées par l’impôt et/ou les cotisations sociales est donc une question ouverte et soumise à débat.