Mais est-ce que les individus ne vont pas abuser de ce système en se contentant du bénéfice de la Mutualisation partielle des revenus d’activité sans réaliser de valeur ajoutée ?

C’est en quelque sorte l’inverse de la question précédente sur la conditionnalité. En effet, on pourrait se faire l’avocat du diable et penser que tout le monde peut s’inscrire en tant qu’indépendant, toucher tout ou partie du Smic en ne « faisant » absolument rien, ce qui revient de facto à un revenu universel. Dans la mesure où la société n’a pas aujourd’hui choisi le revenu universel, il s’agit d’une objection totalement légitime à laquelle la société doit répondre.

Une solution simple à ce problème consisterait à ne plus couvrir le Smic à 100 % mais à 50 %, par exemple, de façon à ce que les entreprises soient obligées de générer une certaine quantité de valeur ajoutée pour être capables d’honorer au moins une certaine partie du Smic pour chacun de leurs travailleurs et ce, y compris pour les indépendants. Ce taux de 50% reviendrait à exiger que l’entreprise génère grosso modo le salaire net, l’ensemble des entreprises contributrices assurant, via la mutualisation des 54 %, les cotisations sociales. Il est possible que ce taux de 50 % de couverture du salaire minimum ne soit pas suffisant pour apporter le plein emploi et qu’un taux de 75 % le permette. Mais il est clair que plus ce taux sera fort et proche des 100%, plus les individus auront un large choix de postes de travail.

Si nous adoptons un taux inférieur à 100%, il est possible qu’un indépendant qui débute ou une entreprise de travailleurs associés (Scop) en création ne puisse pas honorer le Smic pour chacun de ses travailleurs. Il faudra donc faire une exception limitée dans le temps pour ces seules entreprises.